Le collège Georges Brassens

extrait du dossier de la revue Regards n°69 - décembre 2014

Le collège Georges Brassens, conçu au début des années 70 comme un établissement expérimental dans sa pédagogie comme dans sa déclinaison architecturale, présente encore de nombreuses spécificités.

Collège de plain-pied, ouvert au cœur d’un espace arboré, sans grilles le délimitant, il dispose, lors de son ouverture, non seulement d’un des premiers Centres de Documentation et d’Information (CDI) de France mais également d’une véritable salle de spectacle et d’animation. A son origine, la notation n’est pas de mise, les classes portent des noms de couleurs et non des numéros et les enseignants y sont affectés parmi les candidats volontaires pour mettre en œuvre un projet éducatif fondé sur l’autonomie, la responsabilité et le respect de l’élève.

Quarante ans plus tard, en 2014, le collège a vu tripler ses effectifs. Il accueille, cette année, près de 700 élèves encadrés par une cinquantaine d’enseignants. Les notes ont fait leur retour mais la philosophie ayant conduit à la mise en œuvre du projet est toujours présente.

Mme Tarroux, principale du collège, explique :
« L’enseignement doit faire sens pour être efficace et ne peut être assimilé à une accumulation de connaissances. Notre objectif est de mobiliser chaque élève autour d’un projet. Cela permet de lier les enseignements, de les rendre plus concrets, et donc plus accessibles. Dès la 5e, l’élève est impliqué dans un projet : théâtre, développement durable ou encore bilangue avec les échanges avec l’Allemagne. A travers les différentes matières, les enseignants font des liens avec ces projets. Notre volonté est d’être au plus près des élèves, de les faire progresser quel que soit leur niveau et de leur faire comprendre qu’ils peuvent toujours apprendre, y compris lorsqu’ils ont des difficultés. »

Parallèlement aux apprentissages, les élèves travaillent autour d’un socle de 4 valeurs : le respect, l’autonomie, l’investissement et la solidarité. Ces valeurs sont illustrées, au cours d’un projet démarrant avec l’ensemble des 5es lors d’un stage de 2 jours sur la base de loisirs de Trémelin. Durant ce séjour sportif et convivial, des objectifs individualisés sont donnés à chaque enfant, au regard des activités pratiquées (escalade, accrobranche et canoé). Ces critères sont ensuite déclinés dans toutes les matières.

« Il s’agit, avant tout, de dynamiser la progression de l’élève en lui permettant de comprendre de façon très concrète quels sont ses axes de progrès et comment y parvenir. Nous ne disons pas à un élève qu’il n’est pas autonome mais que telle action entreprise révèle un manque d’autonomie. Ce n’est pas l’élève qui est évalué mais sa capacité, à un instant T, à atteindre l’objectif. A travers ces exemples quotidiens, les collégiens saisissent l’intérêt de ces valeurs et leurs fonctions dans une vie en société. Nous les préparons à devenir des citoyens actifs. Pour cela, ils doivent maîtriser les codes. »

La spécificité, très visible, du collège de Le Rheu, est qu’il est ouvert. « Les élèves et l’ensemble de la communauté éducative sont attachés à l’absence de délimitation matérialisée. Cela engendre, a priori, un rapport de confiance dans la relation entre élèves et adultes et invite ces premiers à travailler sur leur savoir-être. Ils connaissent les limites virtuelles de l’établissement et savent qu’il y aura sanction s’il y a transgression. Chez les adolescents, cela constitue une étape initiatique dans leur construction et dans l’apprentissage du respect des règles, de leur responsabilité et de leur autonomie », explique M. Gaillard, Conseiller Principal d’Education.

Le collège est également ouvert à l’international. Des échanges et séjours sont organisés avec l’Allemagne, l’Angleterre, l’Italie, l’Espagne et depuis plus de 20 ans, des actions de solidarité sont entreprises en faveur du Mali.

Fidèle à l’ambition de ses origines, le collège demeure aujourd’hui à la pointe des initiatives : outre les séjours et échanges à l’étranger, il a obtenu un label environnemental ainsi que le 1er prix national du meilleur journal des collégiens, et propose un service numérique performant à l’attention des élèves et des parents.

LES POTINS D’ABORD décrochent le premier prix des journaux scolaires.

16 pages, 900 exemplaires par an, 16 ans d’ancienneté : le journal Les Potins d’abord joue dans la cour des grands ! Primé lors du concours national Kaléidoscope, le journal est réalisé par un groupe d’une vingtaine d’élèves de la 6e à la 3e. Rédaction, dessin, photographie, tous les talents sont mis en valeur à travers différentes rubriques. « Le journal a vocation à aborder l’actualité et les projets du collège, les élèves pouvant également évoquer d’autres sujets de leur choix. Certaines rubriques sont conçues de façon ludique : l’interview de professeurs, le romanphoto, l’actualité sportive… », explique Sébastien Cordrie, professeur documentaliste à l’origine de ce support.

Depuis 7 ans, le blog des Potins d’abord permet de trouver des inédits, des photographies, des archives : une vraie caverne d’Ali Baba.

Pour en savoir plus : lespotinsdabord.canalblog.com

Le collège de Le Rheu, une histoire singulière

Au lancement des travaux de construction du collège, en avril 1974, Le Rheu compte 4000 habitants.

A cette époque, la maîtrise d’ouvrage de la construction est quasi systématiquement assurée par l’Etat.

Le 27 juillet 1972, le Conseil municipal décide que la commune a le devoir d’assurer elle-même la maîtrise d’ouvrage. Le Maire, Jean Auvergne, dans le prolongement de son prédécesseur Jean Châtel qui est également vice-président du Conseil général, exprime le souhait que le collège soit inscrit parmi les réalisations expérimentales destinées à promouvoir une pédagogie nouvelle et demande qu’une équipe d’enseignants lui soit associée pour participer à la conception du programme de construction.

Le Recteur d’académie, dans le cadre de ses pouvoirs en matière de programmes pédagogiques, apporte un appui volontariste à la municipalité. L’ingénieur conseil du rectorat, l’Inspecteur d’académie ainsi que l’administration préfectorale apportent leur concours et leur aide à la mise en œuvre de ce projet expérimental.

La décision est prise de bâtir le futur collège sur un terrain situé en centre bourg car il s’inscrit dans le cadre d’un projet socio-éducatif global dont il a vocation à devenir un pôle central d’animation. Un centre socio-culturel, la bibliothèque, la maison des jeunes, une structure petite-enfance, la résidence pour personnes âgées sont les autres composantes de ce projet d’ensemble, dont une partie sera réalisée au cours des mandats suivants.

La municipalité anticipe le développement à venir de la commune et décide de dimensionner le collège dans la perspective d’un doublement du nombre d’habitants. Elle estime que, dans les décennies à venir, les salariés aspireront à un temps libre plus important qui leur permettra d’accéder plus largement aux loisirs et à la culture. C’est ce qui la conduit à imaginer, pour le collège, une fonction plus vaste que celle de sa mission éducative et scolaire. Un forum ayant vocation à accueillir des expositions permanentes est construit au sein de l’établissement ainsi qu’une salle de spectacle et d’animation, aujourd’hui encore largement utilisée par les différents acteurs associatifs de la commune.

La philosophie du projet se fonde sur une définition renouvelée de l’Ecole, lieu de vie sociale et culturelle. L’équipement comprend des dispositifs audio-visuels de pointe avec sonorisation du forum et des zones de circulation, équipement cinéma complet, laboratoire photo et de langues de 18 cabines, équipement d’un vaste Centre de Documentation et d’Information (CDI) et de 12 salles en projecteurs, magnétophones, écrans, platines.

Pour que le bâtiment puisse s’adapter, à coût réduit, aux évolutions prévisibles des méthodes pédagogiques, la conception architecturale intègre la mise en œuvre de cloisons démontables, des circuits électriques et de chauffage dissociés des cloisons permettant une flexibilité maximale sur les trois quarts du bâtiment.

Le projet prévoit une mise en service à la rentrée 1974. Les travaux du collège débutent en avril 1974. Le 16 septembre de la même année, 225 enfants y font leur rentrée.

Le Collège à l’heure du numérique

Oubliée l’attente parfois stressante du bulletin de notes à présenter aux parents, finie l’excuse du « j’ai oublié de le noter dans mon cahier de texte » : à l’heure du numérique, parents, élèves et professeurs bénéficient d’un espace de travail connecté et partagé. Notes, pointage des absences, cahier de texte, documents en ligne, état d’avancement dans le programme scolaire : la vie à Georges Brassens n’a plus de secret pour les parents qui sont associés tout au long de l’année à l’évolution de leurs enfants.

Au-delà de l’aspect collaboratif, internet permet également de se tenir informé de l’actualité de l’établissement, des activités pédagogiques et des réunions, grâce au site web du collège et à son compte Twitter ainsi qu’aux SMS d’information envoyés aux parents.

Pour en savoir plus : site : college-georgesbrassens-lerheu.ac-rennes.fr
Twitter : twitter.com/CollegeLeRheu pour ceux qui n’ont pas de compte
ou @CollegeLeRheu pour les autres

Le projet bilangue inscrit dans le cadre du jumelage Le Rheu-Grasbrunn

Le collège Georges Brassens propose un projet bilangue anglais-allemand dès la classe de 6e. Des séjours en Allemagne étaient régulièrement organisés par les enseignants, mais en 2012, le collège a souhaité établir un contact pérenne avec un établissement allemand.

« Nous nous sommes naturellement tournés vers le Comité de jumelage Le Rheu-Grasbrunn. M. Fournier, son président, et son homologue allemande nous ont mis en contact avec le nouvel établissement de Kirchseeon. Il s’agit d’un collège-lycée accueillant les enfants du CM2 à la terminale. L’échange a débuté lors de l’année scolaire 2013-2014 et se poursuit avec les classes de 3e. Plusieurs élèves se sont déjà fait des amis et envisagent de retourner voir leur correspondant pour des échanges plus longs. Le projet s’inscrit dans un cadre pédagogique pluridisciplinaire : au-delà de la pratique de la langue, c’est toute une période historique douloureuse de la région de Munich que découvrent sur place les élèves, avec la visite du camp de concentration de Dachau, thème faisant l’objet du programme d’histoire de 3e. Il s’agit aussi de découvrir l’Allemagne d’aujourd’hui, de renforcer les contacts entre les élèves de nos deux pays et d’apporter une modeste contribution à l’amitié entre nos deux peuples. Cette année marquait les 40 ans du collège mais également les 40 ans des prémices du jumelage entre Le Rheu et Grasbrünn » explique M. Esseul, professeur d’anglais et d’allemand, pilote du projet.

Les collégiens ont ainsi pu découvrir la vie quotidienne d’une famille allemande et les traditions bavaroises, le séjour s’étant déroulé lors d’une période de festivités. L’échange permet aux élèves de passer au total 20 jours au contact les uns des autres.